15 septembre 2007
Cours de FLE niveau 0
Voici les cours que j'ai fais pour mes apprenants chinois et vietnamiens, niveau 0. Nous travaillions avec le manuel Lecture et Vie qui est loin d'être complet. Les exercices sont en lien avec les thèmes et les personnages du manuel, mais réutilisables seuls, parfois en y ajoutant un petit complément. Certains exercices ne sont pas complets, car j'ai dû coller des photocopies du manuel pour faire des exercices d'asssociation... Et n'ayant pas de scanner, je n'ai dans mon ordi que l'exercice "en cours de fabrication". Il n'est pas exclu de rajouter des images prises à droite à gauche.
J'ajouterai enfin que je suis arrivée 4 mois après le début des cours, c'est donc le niveau 0+4 mois...
leçon4#nk petit exercice de conjugaison, avec le verbe téléphoner, à différencier du nom téléphone...
leçon5 sur les fruits et légumes et les courses au supermarché.
leçon5#1 encore les fruits et légumes.
leçon6 sur les verbes et adverbes de position et de mouvement. J'ai oublié ce qu'il y avait au-dessus, mais l'exercice qui reste est très exploitable. Il faut chercher les contraires.
leçon6-1#nk exercice sur les phrases, je débutais et la première phrase s'est avérée trop difficile. Très pratique en tous cas pour les apprenants qui découvrent les langues alphabétiques avec la langue française.
leçon7-1 un exercice d'association avec des images du manuel. On peut remplacer ce dernier par des images de fleuristes, de boulangerie, etc.
leçon7-2 grammaire : aller à vs aller chez.
leçon7-3 sur le thème des fêtes. Il s'agit d'un exercice de dictée : les apprenants piochent un papier, on en envoie un au tableau, et celui qui a pioché lui dicte le texte. Travaille les compétences de production et de compréhension orales et écrites. Sympa et très populaire.
leçon7-4 l'exercice 7-3 a révélé le gros problème des apprenants avec la ponctuation française. Dicter un texte ponctué sans avoir les outils linguistiques pour ça, c'est rigolo quelques minutes mais après ça lasse. C'est donc une leçon sur la ponctuation, adaptée aux petits niveaux. Le dernier exercice doit être lu à haute voix par le prof, avec les intonations qui permettent de deviner où vont les points d'exclamation, entre autres.
leçon7-5 QCU sur l'interculturalité et les fêtes française. Je viens à quelle heure, j'apporte quoi, etc.
leçon8-1 exercice de sensibilisation au passé composé. Ils connaissaient le présent et le futur proche, et devaient apprendre à reconnaître le passé. La troisième page est une simple réserve de phrases, les exercices sont sur les 2 premières.
leçon8-2 c'est du sérieux, c'est le passé composé. J'ai pas pu m'empêcher de faire une vraie leçon dessus, parce que je les sentais prêts. (Cf. un article de mon autre blog...)
leçon8-3 le passé composé, la suite, et un exercice de perception orale sur les phonèmes /an/ et /on/, avec une belle et grande liste de paires minimales. J'ai utilisé un exercice vu chez B. Lauret, professeur émérite de phonétique du FLE à P3. J'ai distribué deux papiers de couleur à chaque apprenant, et défini "un son = une couleur", avec exemple et couleurs affichés au tableau. Puis après une lecture de chaque paire minimale en articulant comme une forcenée, suivie d'une lecture en classe entière, j'ai caché mes lèvres et choisi un mot de chaque paire. Suivant ce qu'ils entendaient, ils devaient lever un papier ou l'autre. Ca a très bien marché, tout le monde a beaucoup ri. Ensuite, chaque apprenant devait dire deux mots de la liste à toute la classe, qui levait un papier ou un autre. On vérifiait ainsi la prononciation ET la perception de tout le monde. La fin s'est faite avec des phrases dans lesquelles j'avais mis les deux phonèmes, et ils devaient lever un papier chaque fois qu'il entendaient un des sons. Le bon papier, évidemment. Plus difficile ça, parce qu'une phrase ça va vite, et les mots grammaticaux nous échappent... Et puisque j'avais affaire à des Chinois, j'ai dû expliquer chaque mot de la liste. Ils sont repartis ravis, avec l'impression d'avoir appris beaucoup de vocabulaire... Attention, c'était un public d'une culture éducative où on explique tout. Ca marchera pas avec tout le monde, ou pas au niveau 0.
leçon8-4 le passé, encore, avec un petit exercice phrastique pour relâcher la pression.
leçon9-1 sur le thème des vêtements, des exercices de vocabulaire, de révision des conjugaisons, et de compréhension.
leçon9-2 un exercice sur l'accord des couleurs.
leçon10-1 révision des couleurs et exercice sur les quantités/contenants (un kilo, une boîte, une bouteille, etc.)
leçon10-2 petit cours de gastronomie et de vocabulaire cullinaire. Seule la première page m'a servi, la seconde est donc à arranger un peu (il manque des lettres devant les phrases à remettre dans l'ordre). Attention, sauf passionés, les femmes sont les plus douées sur le sujet! Elles sont toutes fini haut la main, loin devant les messieurs!
leçon10-3 le jeu qui fit ma fierté, Cf l'autre blog.
leçon10-4 phonétique : les sons /ou/ et /u/ (là je peux mettre l'API, cool) donc [u] et [y].
leçon11-1 travail sur les phrases et le passé. On aborde le thème du facteur et des plis spéciaux.
leçon11-2 phonétique, les sons /eu/ et /ou/. En plutôt évolué.
leçon11-3 exercice à faire en classe entière sur les messages/lettres/notes de services etc. français, pour prendre des repères et apprendre à en rédiger. Peut-être découpé et distribué pour une dictée apprenant-apprenant au tableau.
leçon11-4 2 exercices bien différents. Le premier a eu un succès fou. J'ai découpé chaque phrase et je les ai mises en vrac sur un table, au centre de la classe. Les apprenants ont dû, ensemble, retrouver l'ordre des phrases. On peut aussi en faire plusieurs exemplaires et faire un travail par petits groupes, avec l'option "le premier groupe qui a fini a gagné". Le second porte sur les émotions, couplé avec de la conjugaison.
leçon12-1 vocabulaire et phrases. De la révision quoi. C'est mon dernier exercice.
17 septembre 2007
Cours de FLE niveau 1
Comme pour les niveau 0, j'ai récupéré en cours d'année des FLE niveau 1 + 4 mois. Ils étudiaient avec Trait d'Union, un bon manuel, mais qui nécessitait, comme tous, un petit complément. Nous avons notamment fait beaucoup plus de conjugaison et de grammaire que dans le livre, fait pour des migrants niveau 0. Mouais, mouais. Eux, ils étaient contents de ne pas avoir commencé avec. Public chinois, mongol, avec tous les niveaux d'instruction et tous les âges... De l'International, du sans-frontière.
cartes-voeux Nous avons commencé avec des cartes de voeux à décortiquer, pour comprendre les règles d'écriture de ces petites bêtes. Distribution, dictée au tableau, compréhension, questions, puis rédaction en groupes de diverses cartes de voeux : à vos parents, à un frère, à votre patron, au président de la république (grand succès)...
imparfait#nk Première leçon sur l'imparfait, les exercices sont un peu ardus, mais la leçon est bien passée.
imparfait2#nk Seconde leçon, la première page est allée toute seule, mais l'exercice sur imparfait ou passé composé a été très difficile. J'y suis allée un peu fort.
Barbara1#nk + Barbara2#nk le texte complet, pour le prof, et le texte à trous, pour les apprenants. Pour terminer sur l'imparfait, on écoute la chanson et on retrouve tous les verbes à l'imparfait. Ensuite on explique la chanson (j'avais la version des Frères Jacques, il y a aussi une lecture d'Yves Montand). Ca détend l'atmosphère de finir en chanson.
systeme-scol à la demande des apprenants, nous avons parlé du système scolaire français. Pour ne pas trop compliquer, j'ai parlé des premiers cycles, et j'ai rajouté à l'oral les explications sur l'université, les grandes écoles, etc.
mensonges16/02 un jeu de rôles pour s'entraîner à l'argumentation, les : "mais siii, mais noooon, si je te dis". 2 par 2, les apprenants tirent un papier, préparent leur scénario avec mon aide, puis vont au centre de la classe et jouent les scénettes préparées.
voiture1 exercices de révision sur le vocabulaire de la route, et surtout des voitures, pour terminer une leçon et permettre aux absents chroniques de suivre un peu.
recettes1 + recettes2 + restaurant1 à la demande d'une apprenante, 2 semaines et demi ont été consacrées à la gastronomie. J'ai donc concocté 2 supports, l'un sur les recettes salées, l'autre sur les recettes sucrées, pour faire découvrir des plats typiques et permettre à ces dames de cuisiner français. Ces leçons ont eu un grand succès. Lecture + explication de texte en classe entière, nous avons appris un vocabulaire monstre, et terminé avec des crêpes, lors d'un mémorable cours. La semaine suivante, pour bien faire rentrer tout ça, nous avons fait un jeu de rôles. Les apprenants devaient choisir, en équipe, les plats qui composeraient leurs menus, puis ils jouaient les restaurateurs avec l'équipe d'en face, qui faisait les clients. Les clients demandaient ce qu'étaient les plats, choisissaient, mangeaient, trouvaient ça bon ou pas, payaient etc. Ils ont ainsi appris à interagir à la française dans un restaurant français.
impératif#nk + impératif2#nk profitant des recettes de cuisines, astucieusement écrites à l'impératif, j'ai fait suivre ce cours d'une belle grosse bonne leçon sur l'impératif. D'abord de quoi faire découvrir et comprendre les conjugaisons, simples, puis un coup de massue avec la place des pronoms COD et COS... Mais... c'est rentré! On y a mis le temps, on y est allés doucement, mais c'est rentré!
futur1 A la fin de l'année, les sentant prêts, j'ai insisté sur la grammaire avec le futur. J'ai forcé la dose je crois parce que j'ai voulu faire futur simple et futur antérieur en même temps. C'est passé, mais me borner au futur simple eût été plus judicieux. En tous cas il reste des tas d'exercices exploitables, séparément ou non.
texteamadou celui là a été costaud. je voulais faire travailler sur un texte à propos d'un malien, à cause d'un apprenant malien qui se serait parfaitement identifié au personnage cité dans un article trouvé par hasard. J'en ai fait un gros exercice façon "méthode de FLE genre Taxi!, Studio et compagnie" et j'y suis allée un peu fort. C'est donc plutôt pour des FLE niveau 1 confirmé. A1 confortable quoi. Nous l'avons fait en classe entière et c'est passé quand même.
Et ceci clot la liste des exercices.
30 mars 2009
Histoire (courte) du théâtre français
Un texte d'approche du théâtre en France pour un niveau B2/C1. Testé en cours, c'est très bien passé avec quelques explications, mon apprenante était contente de cet aperçu et avait vraiment l'impression d'avoir appris quelque chose.
Il s'agit d'un condensé (bien concentré) de mes cours avec Mme Rollinat-Levasseur à la Sorbonne Nouvelle.
I : L'antiquité
Le théâtre
prend son origine en Grèce antique, lors des fêtes
réservées au dieu du vin Dyonisos. Il symbolise
l'ivresse, l'inspiration débridée, les métamorphoses
(changements de forme) le voyage, l'errance (voyager sans but),
l'étranger et le comédien.
Les premières
pièces de théâtres, des tragédies (pièces
tristes), ont été jouées en dehors des villes
grecques, en honneur de Dyonisos, et parlaient de politique, de
morale, de philosophie, de religion. Être comédien ou
aller au théâtre était un acte citoyen (on est un
bon Grec, on s'intéresse à sa nation, son pays, et ses
valeurs). La théâtre était un endroit où
on réfléchissait.
Après les
tragédies, les Grecs ont commencé à faire des
comédies, des textes légers pour rire et caricaturer
les hommes politiques de l'époque. Les pièces étaient
encore très simples : peu de personnages, une seule histoire,
un chœur – groupe de chanteurs – un texte écrit par un
auteur à partir du 6ème siècle av. J.-C. (Avant
cette période on n'a pas de trace écrite).
En 361 av. J.-C. Les
Romains ont joué leur première pièce de théâtre.
Cela a commencé avec une parodie de danse, puis on a ajouté
de la musique, des paroles, et enfin on a écrit le texte. Les
Romains ont commencé par reprendre les grandes pièces
grecques, puis certains auteurs ont enrichi le théâtre
en ajoutant des personnages et en les codifiant (on retrouve toujours
les mêmes : le gentil amoureux, la gentille et jolie fille, le
méchant père, l'esclave drôle et intelligent...).
Les pièces deviennent plus violentes dans les sentiments et
les histoires : on se bat, on meurt en saignant beaucoup, on devient
fou, on se met en colère, etc.
II
: Le moyen âge
On ne connaît pas
bien le théâtre au début du moyen âge.
Après l'invention de l'imprimerie, beaucoup de textes sont
publiés et on en a gardé beaucoup aujourd'hui.
Le théâtre,
comme chez les Grecs, est joué dans des lieux fabriqués
pour l'occasion, pendant des fêtes, par des gens qui ne sont
pas comédiens. Au début les pièces sont en latin
et en français. A partir du Xème siècle on
introduit la religion : les gens ne savent pas lire, alors pour
expliquer la vie de Jésus et des saints on fait de grandes
pièces de théâtre. On mélange le rire et
les larmes et toute la ville travaille pour réaliser la pièce
et faire une grande fête très belle.
Un peu plus tard, on
fait payer pour assister aux représentations, et en 1548 le
théâtre est interdit par l'Église. Mais on
continue à jouer et on aime faire rire. Le théâtre
est interdit, alors le théâtre parle de tout ce qui est
interdit.
Au XVIème siècle,
on redécouvre les textes grecs et latins et on écrit
des œuvres littéraires pour le théâtre : ce sont
de grands textes ennuyeux.
III : Après la Renaissance
Au XVIème siècle,
la tragédie disparaît et les comédies ne sont pas
toujours réussies. Les auteurs écrivent pour une seule
troupe (un groupe de comédiens) et n'ont pas le droit de faire
éditer leurs textes. A cause de grandes guerres on invente des
textes pour faire rêver et oublier sa tristesse.
En 1577, la France et
l'Italie s'entendent bien, on fait venir des comédiens
italiens, qui jouent la commedia dell'arte. Comme dans les dernières
pièces latines, il y a toujours les mêmes personnages,
avec des histoires simples et drôles. Les comédiens
n'ont pas de texte écrit, juste une histoire à
respecter appelée canevas. On fait du spectacle, on cherche
des sensations fortes : on tue, on viole, on se moque (on rit des
autres).
Avec Louis XIV, le
Cardinal Richelieu décide de transformer le théâtre
pour qu'il fasse la gloire de la France : les auteurs sont payés
pour leur travail par des gens riches (on appelle ça le
mécénat) et ils font publier leurs textes. Aller au
théâtre devient un acte social : le roi va au théâtre
pour regarder l'histoire, les gens vont voir le roi et cherchent qui
est venu. Les femmes vont au théâtre aussi, alors pour
leur plaire les auteurs écrivent des textes moraux (les
gentils gagnent toujours, les personnages sont polis) et moins
violents. Pour plaire au roi, les acteurs sont bien payés, ils
peuvent s'acheter des costumes, se laver, avoir de beaux décors.
Au XVIIème
siècle, on écrit pour avoir de beaux textes et de
belles histoires dramatiques et comiques, en reprenant les auteurs
grecs et latins et en imitant les comédiens italiens. On
invente une règle d'unité : une seule histoire, un seul
lieu, un seul jour. Comme ça on comprend mieux et tout est
plus cohérent (c'est possible, on y croit).
Après Louis XIV,
au XVIIIème siècle, le théâtre va mal :
les auteurs essaient de copier Molière et Racine, qui ont eu
beaucoup de succès, et ils font des mauvaises pièces.
L'opéra et la commedia italienne font de la concurrence car
ils peuvent utiliser du matériel et des personnages que le
théâtre français n'utilise pas (des anges, des
gens soulevés par des cordes pour les faire voler...). Et puis
on trouve de nouvelles idées, on parle d'amour (Marivaux), on
montre que les valets sont meilleurs que les maîtres
(Beaumarchais), on parle de philosophie sans en avoir l'air. La
période des Lumières, avec les grands philosophes
français, est une période de renouvellement.
IV
: Le XIXème siècle
On décide de tout
casser pour faire du neuf et on imite Shakespeare, auteur anglais du
XVIème siècle. On met beaucoup de personnages, beaucoup
de lieux, beaucoup d'histoires différentes. On invente le
mélodrame et le « vau de ville », des
pièces drôles avec des textes très travaillés
qui font rire la bourgeoisie.
On va au théâtre
pour voir et être vu, et souvent pour trouver un mari ou une
femme pour soi ou ses enfants.
Le théâtre
redevient un lieu de réflexion politique, et on écrit
plus pour les textes ou pour les acteurs (Sarah Bernhardt) que pour
la scène. Les auteurs écrivent aussi des romans et de
la poésie.
V : Le XXème siècle
L'électricité
et les éclairages nouveaux sur la scène permettent de
faire des grands décors avec des jeux de lumière, on
travaille beaucoup sur la mise en scène (comment placer les
acteurs, quels décors utiliser, quelle lumière, quelles
couleurs) et l'acteur devient très important. On invente de
nouvelles façons de jouer, les auteurs écrivent avec
les metteurs en scène (ceux qui dirigent les comédiens)
et on réutilise les textes classiques considérés
comme des modèles.
On va au théâtre
pour rire, réfléchir, découvrir ou redécouvrir
les grands auteurs et voir de grands acteurs.
La télévision
vient filmer les pièces et on peut aller au théâtre
en restant dans son salon.
La Comédie
Française, la troupe de Molière, existe toujours et est
une référence pour le théâtre, mais
beaucoup de gens la trouvent « coincée »,
pas assez souple. Un acteur qui est admis à la Comédie
Française devient très célèbre, car ça
veut dire qu'il est très doué.